mardi 28 juin 2016

Des officiers jordaniens auraient volé les armes de la CIA destinées aux rebelles syriens

Plusieurs officiers jordaniens ont participé à une vaste opération de contrebande d'armes* Du grand n'importe quoi! Des armes qui vont se retrouver dans les mains de djihadistes pour renforcer leurs positions en Syrie, ou ailleurs, manigance de la CIA pour s'attaquer à une cible ou à une région visée. Voyons donc si la CIA peut perdre le suivi d'un aussi grand arsenal d'armes alors qu'elle dispose de tous les gadgets technologiques inimaginables capables de pister des fourmis dans leur fourmilière!

Des officiels américains et jordaniens ont rapporté au New-York Times et à Al Jazeera que des centaines d’armes fournies par la CIA et l'Arabie saoudite aux «rebelles modérés» en Syrie ont été détournées et vendues sur le marché noir.

Quand la CIA et l'Arabie saoudite se font voler des armes par... des officiers jordaniens ! L'agence de renseignement américaine et la monarchie du Golfe ont pris pour habitude de fournir de l’armement à l’opposition syrienne par le biais de la Jordanie. L’arsenal, comprenant fusils d’assaut de type Kalashnikov, mortiers, grenades et roquettes était acheté en vrac dans les Balkans et en Europe de l’Est. 

Problème, une bonne partie de ce dernier n’est jamais arrivé jusqu’aux destinataires à en croire des officiels américains et jordaniens dont les propos sont rapportés par le New-York Times. La faute à des officiers jordaniens qui auraient décidé de s’octroyer une partie de la cargaison afin de la revendre au marché noir dans les bazars de Ma’an ou Sahab par exemple.

Des douzaines d'officiers jordaniens arrêtés ?

Le petit manège se serait avéré très lucratif. Ses auteurs auraient pu se payer voitures de luxe, gadgets électroniques et autres biens de qualité. Mais les conséquences pourraient être bien plus graves. Plusieurs de ces armes auraient servi dans l’attaque d’un centre d’entraînement de la police à Amman, la capitale, en novembre dernier. Cinq personnes avaient trouvé la mort dont deux Américains.

Les services de renseignement jordaniens sont dans l’embarras. De l'aveu même de certains de leurs membres, plusieurs officiers de haut rang auraient contribué à étouffer le scandale. Devant la pression américano-saoudienne, des douzaines d’entre eux auraient même été arrêtés, dont un lieutenant-colonel accusé d’être à la tête du réseau. Plusieurs auraient été renvoyés.

Programme secret de la CIA

Certaines des armes américaines et saoudiennes détournées par les soldats jordaniens étaient destinées à l’entraînement et à l’équipement des rebelles en Syrie dans le cadre d'un programme secret de la CIA. L'opération «Timber Sycamore» a débuté en 2013. C'est le New-York Times qui en avait révélé l'existence en janvier dernier. Elle est cofinancée par l’Arabie saoudite, qui a dépensé des milliards de dollars pour se joindre à la CIA dans cette entreprise.

A ce sujet, le New-York Times écrit : «Les officiels américains disent que la CIA a entraîné des milliers de rebelles dans les trois dernières années et que ces combattants faisaient des avancées substantielles contre les forces du gouvernement syrien jusqu’à ce que les forces russes, entrées dans le conflit l’année dernière en soutien de Bachar el-Assad, ne les forcent à reculer.»